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La stérilisation du cobaye mâle ( ou castration)

Pourquoi castrer un cochon d'Inde mâle ?


La castration du cochon d'Inde est une intervention de plus en plus couramment pratiquée.
  • »   Elle permet la cohabitation des mâles stérilisés avec les femelles sans risque de gestation indésirable.
  • »  Elle offre aussi l'avantage de réduire l'hyper excitation et la séborrhée excessive de certains mâles.

Néanmoins cette intervention n'est pas anodine. Elle doit être pratiquée par un praticien expérimenté ayant une bonne connaissance des particularités anatomiques et physiologiques du cobaye. Sa réussite dépend de l'habileté du chirurgien, de la technique utilisée, de la surveillance et des soins postopératoires.

La castration peut être effectuée dès lors que le cochon d'Inde a atteint la maturité sexuelle ( dès l'âge de 3 mois ). Cependant elle sera plus aisée si elle est pratiquée vers l'âge de 5 à 6 mois. Il est également possible de la pratiquer après un an.

Le cochon d'Inde opéré doit être isolé des femelles pendant au moins 15 jours après l'intervention en raison du risque de présence résiduelle de spermatozoides dans les voies spermatiques.

Les effets sur le comportement du cobaye ( diminution de l'excitation ) sont également perceptibles au bout d'une quinzaine de jours.

Techniques de stérilisation du cochon d'Inde mâle

Stérilisation par voie abdominale

La castration du cobaye par voie abdominale est une technique simple et rapide, qui présente de très nombreux avantages par rapport à la voie scrotale (voir encadré).
  • »   Elle réduit le risque d’éventration avec sortie des intestins au travers de l’anneau inguinal car elle se fait à testicule couvert.
  • »   La gaine vaginale n’est pas incisée, ce qui est le cas dans la technique par voie scrotale.
Castration de cochon d'inde par voie abdominale
Le testicule est extériorisé de la cavité abdominale avec l'épididyme, la graisse rétro épididymaire et le cordon testiculaire
L'intervention est terminée. Vue de la suture cutanée. La couleur grise est due à l'application de poudre d'aluminium ( cicatrisant )

Stérilisation par voie scrotale

La technique par voie scrotale, qui n’a pas notre préférence, impose une suture indispensable de la gaine vaginale afin d’éviter les risques d’éventration à travers l’anneau inguinal particulièrement large chez le cobaye.
La castration par voie scrotale à testicule découvert ( sans suture de la gaine vaginale) est formellement proscrite chez le cobaye, car elle s’accompagne invariablement d’une éventration.

Mais la technique par voie scrotale présente de nombreux autres inconvénients et elle peut entraîner de graves complications (voir encadré)

Zoom sur la technique de castration par voie abdominale

Mesures préopératoires
  • pas de diète particulière préalable, ou limitée au maximum à 2 ou 3 heures. La mise à la diète peut engendrer un arrêt de transit ou un état hypoglycémique. En pratique, il est conseillé de laisser à disposition simplement du foin et de l’eau le matin de l’intervention.

Anesthésie
  • analgésique morphinique une demi-heure avant intervention
  • utilisation d’un tapis chauffant vivement conseillé, car le cobaye est sensible à l’hypothermie pendant et après l’intervention
  • anesthésie gazeuse vivement conseillée : isoflurane ou sévoflurane en circuit ouvert, au masque
  • monitoring cardiaque vivement conseillé
Durée de l'intervention
  • La durée de l'intervention proprement dite ( de l'incision cutanée abdominale au dernier point de suture ) est d'environ 15 minutes.
    Mais cette durée est de l'ordre de 30 minutes en moyenne si on rajoute la préparation, la mise en route de l'anesthésie et les soins postopératoires immédiats.

Les avantages de la castration par voie abdominale

  • Une seule incision cutanée donc une seule cicatrice
  • Réduction des risques d’éventration postopératoire par absence d’accès au niveau de l’anneau inguinal et absence d’incision au niveau de la membrane vaginale
  • Réduction de la macération et des frottements de la cicatrice contre la litière
  • Réduction de l’émission d’urine sur la cicatrice
  • Absence de risque de contamination de la cicatrice par les crottes et les germes fécaux
  • Réduction des risques d’infection
  • Absence de traction sur le cordon testiculaire, donc absence de risque d’hémorragie du cordon
  • Réduction du temps opératoire et du risque anesthésique

Exemple de complication d'une castration de cochon d'inde par voie scrotale

Infection postpératoire lors d'une intervention par voie scrotale. Vue rapprochée. Le pus provient du cordon testiculaire (funiculite de castration) Après réouverture et parage chirurgical, la plaie apparait propre.

L'anesthésie

L’anesthésie est réalisée de préférence à l’aide de gaz anesthésiques (isoflurane ou sevoflurane) au masque. L’anesthésie fixe par voie injectable est possible en l’absence d’équipement anesthésique gazeux, mais elle présente beaucoup plus de risques de complications et de réveils plus longs. Une solution efficace consiste aussi à réaliser une préanesthésie fixe, et de la compléter par l’anesthésie gazeuse.

Les soins postopératoires

Les soins postopératoires sont très importants.
  • »   Le cobaye doit être impérativement réchauffé à la fin de l’intervention par des bouillotes ou mieux par une mise en cage chauffante, car il est très sensible à l’hypothermie.
  • »   Il doit être réalimenté à plusieurs reprises le jour même dès lors qu’il est capable de déglutir. Il peut être rendu le soir même à son propriétaire si sa température corporelle est normale (température >= 38°C ) et si le transit digestif est rétabli(émission de crottes ). Si tel n'est pas le cas il doit être conservé en observation à la clinique.
Une hypothermie est toujours grave, elle se traduit par un manque de vigilance, une absence de réactivité, un décubitus latéral et des mouvements désordonnés. Si tel est le cas, ce qui témoigne d’un défaut de surveillance et de soins postopératoires, le cobaye ne doit en aucun cas être rendu à son propriétaire.


En conclusion la castration est une intervention qui doit être pratiquée par un pratricien expérimenté ou bien informé.
La castration par voie abdominale est à privilégier car elle présente de nombreux avantages par rapport à la voie scrotale qui peut amener de graves complications. Il en est de même pour les autres rongeurs (chinchilla, octodon, rat, gerbille , hamster ) pour lesquels la castration par voie abdominale est également vivement conseillée.
Le protocole anesthésique, la surveillance et les soins postopératoires sont très importants pour que l'intervention se déroule dans de bonnes conditions.

Dr Didier Boussarie    &     CobayesClub
Vétérinaire
Consultant NAC Exclusif

© Didier Boussarie -  CobayesClub