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Les Comportements du CobayeLe cobaye se caractérise par une richesse comportementale qui n’a pas son équivalent chez nos autres rongeurs de compagnie. L’observation des différentes postures et du répertoire sonore d’un cobaye lors d’une activité solitaire ou d’une interaction entre plusieurs individus au sein d’un groupe permet de typer de nombreux comportements. Chacun de ces comportements est en fait la résultante d’informations perçues par l’intermédiaire d’un ou de plusieurs de ses sens.
Nous avons traité dans un premier temps de
l’univers sensoriel du cobaye. Nous allons maintenant envisager les activités
comportementales qui sont de deux types : individuelles et collectives. Chaque activité
comportementale est constituée de deux composantes : posturale et phonique. Cette
seconde composante résulte du répertoire sonore du cobaye, dont la richesse contraste
avec la pauvreté de celui de nos autres rongeurs de compagnie. Elle a fait l’objet
de nombreuses études surtout dans les années 1970-1980, portant notamment sur les
sonogrammes (tracés des enregistrements phoniques) des différentes vocalisations. Les comportements solitaires ou individuelsL’alternance de la veille et du sommeil
Le cobaye domestique en captivité présente une activité pratiquement Les comportements alimentaires La prise d’aliments ![]() Les cobayes sauvages se nourrissent au crépuscule dans leur milieu
naturel, à la différence des cobayes domestiques qui s’alimentent un peu n’importe
quand, aussi bien le jour que la nuit
Le cobaye quémande sa nourriture le museau relevé,voire la moitié antérieure du corps soulevée du sol. Cette mimique qui accompagne la prise d’aliments s’accompagne de l’émission de deux types de cris particuliers à l’espèce :
Mises à part ces vocalisations de quête et de satisfaction, les périodes de prise d’aliment sont plutôt calmes : mâles et femelles se nourrissent côte à côte, sans distinction de rang. Contrairement à ce qui existe chez d’autres espèces (chien, chat, hamster, oiseaux, reptiles,..), la compétition alimentaire est rare. ![]() Le cobaye ne porte pas ses aliments à sa cavité buccale avec ses membres antérieurs (comme le font la plupart des rongeurs), tout au plus ceux-ci peuvent lui servir pour maintenir les aliments au sol pendant qu’il tire dessus avec ses dents, tout en effectuant des mouvements de la tête vers le haut et vers l’arrière. ![]() Bien que ne possédant pas d’abajoues (comme les hamsters), le cobaye peut transporter dans sa cavité buccale des aliments de grande taille (pommes, feuilles d’endives, céleri,..) pour les soustraire à ses congénères. La prise de boisson Le cobaye aspire l’eau ou tout autre liquide, sans le lapper La caecotrophie
Le cobaye réabsorbe une partie de ses crottes, ce qui lui permet de récupérer de la cellulose digestible, des vitamines du groupe B, des acides aminés. Pour ce faire, il s’assoit sur ses membres postérieurs, se recourbe afin de venir récupérer le contenu fécal à la sortie de l’anus, puis il se redresse aussitôt et se met à mâcher.
Le grignotage Le cobaye passe un temps considérable à grignoter et ronger tout ce qui peut être à sa portée (distributeurs d’eau, bord des mangeoires, maison,..). Ceci n’est pas lié à la prise de nourriture, mais à la pousse continue des dents (incisives et molaires) qui ne sont usées que par la mastication. La miction et la défécation
Lorsque le cobaye va uriner, il se met souvent à reculer jusqu’à
entrer en contact avec une paroi de la cage ou un accessoire, voire un congénère,
il abaisse sa croupe et urine. Inversement, lorsqu’il veut déféquer, il relève la
croupe. Les soins corporels La toilette s’observe très tôt chez le jeune, dès les premières heures qui suivent la naissance.
Chez l’adulte, elle est généralement effectuée
pendant les périodes de calme, après le repas ou le sommeil. Le cobaye, assis sur
son train postérieur, passe lentement un ou les deux membres antérieurs en arrière
des oreilles puis contre le museau, de bas en haut.
Bibendum fait sa toilette :
![]() ![]()
Cette toilette se poursuit en général par un léchage qui
ne concerne que les membres antérieurs chez le jeune d’une semaine et qui s’étend
aux membres postérieurs et à l’ensemble du corps chez l’adulte. Le pelage est nettoyé
avec la langue et avec les dents.
Ces soins corporels sont complétés par un grattage, avec les membres postérieurs. Peu rapide et peu précis à la naissance, il se perfectionne rapidement : un jeune est capable à 5 jours d’atteindre n’importe quelle partie de son corps avec ses membres postérieurs.
Les relations avec l’environnement L’exploration Le cobaye est par nature méfiant et peu enclin à l’exploration, en comparaison avec d’autres rongeurs de compagnie tels le hamster ou le rat. Les jeunes sont cependant plus curieux que les adultes. Les schémas de méfiance Lorsqu’il est introduit dans un espace nouveau, le cobaye s’immobilise dans un premier temps. Une fois cette période d’immobilité passée, il se déplace par des séries de mouvements entrecoupés d’arrêts. Les déplacements sont lents, effectués avec précaution, le corps au ras du sol et allongé au maximum.Ce comportement typique peut être accompagné d’une exploration olfactive : le cobaye dresse la tête vers le haut, parfois tout le corps. Il peut aussi frotter sa région labiale sur le sol, dans un mouvement de va et vient, mais sans pratiquer de léchage. Ce genre d’allure prudente se retrouve lorsqu’un objet ou un animal étranger a pris position à l’intérieur de la cage : le cobaye vient l’examiner avec circonspection, et parfois le goûter, en s’allongeant au maximum, comme pour en approcher la tête tout en laissant l’arrière –train dans une zone éloignée du danger. Diverses vocalisations sont associées à ces schémas de méfiance :
Le marquage au sol ![]() Le cobaye croupe baissée traîne son arrière-train sur le sol. La trace odorante laissée par les sécrétions des glandes anales, permet au cobaye de se familiariser avec son nouvel environnement et de marquer son territoire pour qu’il soit reconnu comme tel par ses congénères. La réponse aux bruits
Le cobaye répond à un bruit inconnu, soudain, aigu et da faible
intensité (froissement da papier, bruit de clés, de pièces,…) en s’immobilisant.
Il reste attentif, raide, membres antérieurs tendus et tête relevée, les yeux grands
ouverts.
Les comportements collectifs ou sociauxLes comportements relationnels Ces comportements sont exempts de toute tension. Ils permettent une communication entre deux sujets et jouent un rôle important dans la reconnaissance individuelle ou dans la cohésion d’un groupe. On dénombre 4 principaux comportements relationnels. Le contact bucco-buccal ![]() Il apparaît dès les premiers jours de la vie, dirigé vers la mère. Par la suite, il s’observe souvent entre deux individus, surtout pendant les périodes de calme. Le toilettage mutuel L’un des deux cobayes toilette activement l’autre en mordillant sa fourrure au niveau de la tête. Ce toilettage entraîne chez le cobaye récepteur une fermeture des paupières et des coups de tête vers le haut Le flairage anogénital Ce comportement, déjà présent chez le très jeune, permet une reconnaissance mutuelle entre individus grâce aux glandes sécrétrices de la zone ano-génitale Le tirage des poils ![]() Cette attitude, fréquente chez les petits envers leur mère, réapparaît au moment de la lactation et sur les adultes. Les cobayes tirent et ingèrent les poils de leurs congénères, et leur mordillent les oreilles. Ce comportement est favorisé par la surpopulation et tout état de stress, par exemple lorsque les individus se bousculent pour atteindre l’eau ou la nourriture, et il peut prendre dans les cas extrêmes heureusement très rares des allures de mutilation voire de cannibalisme Ces comportements relationnels, mis à part le dernier dans sa phase terminale, sont associés à deux types de vocalisations :
Les comportements sexuels La séquence sexuelle type :
Elle est constituée par les différentes phases de la parade du mâle
suivies par la réponse de la femelle. Elle est surtout le fait des mâles adultes
dominants envers les femelles réceptives ou nouvelles et les nouveaux congénères,
mais elle peut aussi s’observer chez de très jeunes mâles ou sur des femelles en
chaleur. Les jeunes mâles peuvent commencer à présenter des comportements sexuels
dès l’âge de 8 jours. ![]() La poursuite : ![]() La réponse de la femelle et la fin de la séquence : la réponse est variable en fonction de la réceptivité de la femelle ![]() Une femelle non réceptive va au contraire essayer d’interrompre les avances du mâle. Elle le repousse en arquant le dos et en pratiquant des ruades. Pour parachever son refus, elle se raidit sur ses membres postérieurs, relève sa croupe et émet des jets d’urines par saccades.
Les comportements agonistiques ou conflictuels Ils commencent à s’exprimer dès la première semaine (coups de museau) pour s’intensifier surtout chez le mâle qui utilise dès l’âge de 3 mois les comportements de l’adulte. Ces conflits peuvent intervenir dans un groupe stable à l’occasion de différentes situations telles que la distribution de nourriture, le sevrage, l’accouplement, et surtout la surpopulation. Les conséquences sont généralement minimes. Il en est tout autrement lors de l’introduction d’un cobaye étranger dans un groupe déjà constitué. Les relations agonistiques au sein d’un groupe stable
Le cobaye menaçant relève la tête en direction de son adversaire
et maintient cette position bouche ouverte, prêt à mordre. Cette posture st rarement
suivie du signal de menace, mais dans ce cas l’agresseur attaque en projetant brutalement
la tête voire le corps vers son opposant et termine par une morsure.
Si la blessure est sévère, l’agressé émet un long cri de détresse, semblable à un sifflement aigu et nasillard dont la fréquence peut atteindre 5000 Hz. En même temps, il trépigne sur place et contorsionne sa tête dans tous les sens. Illustration en vidéo : Blondie cherche une place à l'abri, au milieu de Bigoudi et Bobine. Elle se fait chasser: on lève la tête pour impressionner et menacer. Blondie mange de l'herbe en attendant que ça se calme.... Les petits cris, sont ceux de Bobine, bien agacée L’affrontement avec un intrus Plusieurs cas de figure peuvent se présenter :L’intrus est une femelle inconnue : les mâles présentent une activité exploratoire puis sexuelle dirigée contre l’intruse. La réaction des femelles résidantes est par contre plus variée : indifférence, attaque de l’étrangère, morsure, signal de menace. L’intrus est un mâle dominé : le mâle dominant réagit immédiatement par
![]() L’intrus est un mâle dominant
Les relations mère-jeune La posture d’allaitement : ![]() ![]() Afin que les petits puissent accéder aux mamelles, la mère se tient membres antérieurs tendus, abdomen incurvé vers le haut, mamelles au niveau du sol L’enfouissement et la tétée Le jeune s’enfouit sous la mère, qui prend la posture d’allaitement, dès la mise-bas. La plupart des mères émettent le cri de cohésion qui permet le retour rapide de la progéniture. Au cours de la têtée, les jeunes émettent dès le 2éme jour de petits cris brefs, semblables à un bourdonnement saccadé, sur un rythme rapide, appelés « cri rythmique de tétée » Le léchage du jeune Le jeune enfoui sous sa mère est léché par celle-ci dans la zone génitale. Il émet un cri de « gazouillement » constitué d’unités sonores de basse fréquence (650 à 800 Hz) prolongé par une montée séquentielle rapide atteignant rapidement 4800 Hz. Le léchage provoque miction et défécation, dont l’apparition spontanée est également possible dès le 2éme jour Les jeux du jeune Ce comportement apparaît chez les jeunes dès le 2éme jour. Il se traduit par des cabrioles et des courses effrénées et maladroites, accompagnées de ruades et de mouvements latéraux de la tête. Leur maximum d’activité est atteint vers l’âge de 21 jours. |
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