La puliculose ou dermatose provoquée par les puces chez le cochon d'Inde

LA PULICULOSE OU DERMATOSE PROVOQUEE PAR LES PUCES

Le parasitisme par les puces est surtout fréquent chez le cobaye, ainsi que le lapin de compagnie et à un degré moindre chez certains rongeurs (surtout le rat)

Biologie

Les puces sont représentées par Ctenocephalides canis et Ctenocephalides felis (observables chez le lapin les autres rongeurs, le chat et le chien), ainsi que par Pulex irritans plus spécifique du cobaye.


Le cycle des puces
Leur cycle dure en moyenne un mois.
Si on retient une ponte moyenne de 20 œufs par jour et un pourcentage d’éclosions de 50 % ; une puce adulte donne naissance à 20 000 puces en 2 mois !!


Les Ctenocephalides représentent les « puces de parquet ».

Mâles et femelles sont hématophages (elles se nourrissent du sang de leur hôte qu’elles aspirent, la femelle peut absorber jusqu’à 13 μl de sang par jour); elles effectuent de nombreux repas de sang très courts sur leur hôte mais peuvent jeûner plusieurs semaines. En l’absence de l’hôte préférentiel, la puce est capable de se nourrir sur un hôte d’espèce différente. En présence d’un hôte nourricier, la puce adulte est capable de survivre jusqu’à une année. Le jeûne réduit sa longévité de 2 mois.

La longévité des puces adultes est en moyenne de 3 semaines, mais parfois plusieurs mois voire une année en présence d’un hôte nourricier. Le jeûne réduit sa longévité de 2 mois.

Au terme d’un repas de sang, les femelle s’accouplent pondent leurs œufs sur l’hôte (30 œufs par jour en moyenne, pendant 50 jours). Le repas de sang est indispensable au processus de reproduction, et la ponte ne débute qu’au minimum 48 heures après la fin du repas.

Les œufs, blanchâtres et longs d’environ 1 mm, ne sont pas adhérents aux poils, ils tombent du pelage là où les animaux se couchent pour donner en 2 à 6 jours des larves.

Les larves vermiformes ne sont pas hématophages. Elles se réfugient dans les fissures des habitats et se nourrissent des excréments des puces adultes et de débris organiques divers. Elles sont très sensibles à la dessiccation (mort au dessous d’une hygrométrie de 33 %) mais supportent la chaleur.
 Après 3 stades larvaires successifs, elles tissent un cocon pour donner des nymphes qui ne se nourrissent pas et se transforme en adulte en 10 à 12 jours à l’intérieur du cocon.

La puce adulte sort de son cocon s’il existe un stimulus lumineux, mécanique ou olfactif. Cette émergence peut varier entre 5 jours et 6 mois si les conditions ne sont pas favorables. L’éclosion est déterminée par la présence des hôtes nourriciers : le dégagement de CO2, la chaleur et les vibrations semblent la déterminer. Il existe un phototropisme positif et un géotropisme négatif pour les puces adultes, contrairement aux larves. Autrement dit, elles sont attirées parla lumière, et pas par le sol. Après éclosion, la puce recherche un hôte nourricier pour effectuer ses repas de sang.

Si les conditions ne sont pas favorables, la puce reste dans son cocon, à l’intérieur duquel elle peut résister jusqu’à un an. Ceci explique les invasions de puces d’origine indéterminée.

Où se trouvent les puces ?

La puce adulte est un parasite temporaire, présent sur le cobaye pour se nourrir. Seules les puces adultes sont observables sur le pelage de l’animal.
 
Les œufs
ne sont observables que dans le milieu extérieur. Ils sont particulièrement nombreux dans les lieux de couchage des animaux.

Les premiers stades larvaires
occupent les mêmes biotopes que les œufs. Les larves présentent un géotropisme positif (elles sont attirées par le sol) et un phototropisme négatif (elles fuient la lumière). Elles sont aussi attirées par le bois. Elles vont donc se retrouver surtout dans les endroits discrets (derrières les plinthes, lames de parquets, sous les escaliers, sous les tapis et les moquettes, anfractuosités de carrelages,…)

Le stade nymphalle est immobile et occupe les mêmes biotopes que les larves

Symptômes

L’infestation se traduit en général par du prurit réitéré, souvent bref et d’apparition soudaine, des dépilations marquées, des lésions croûteuses et un état d’anémie en cas de parasitisme massif.

Les puces peuvent provoquer une véritable allergie par hypersensibilité (étudiée et démontrée chez le cobaye) comparable à celle observée chez le chien et appelée DAPP (dermatite allergique aux piqures de puce). Elle se traduit par du prurit, des lésions alopéciques, un érythème abdominal et dorso-lombaire, un état kérato-séborrhéique (poil gras et squameux, oreilles séborhéiques à cérumen abondant). Le rôle allergisant des puces a été démontré chez le cobaye en 1960 (expériences de Benjamini)
DAPP

Diagnostic

On peut généralement observer les puces à l’œil nu ou à la loupe, ou les déjections de couleur noire à la racine des poils.

Traitement

Les œufs sont peu sensibles aux insecticides.
La puce n’ayant qyu’une tendance à persister chez l’animal au stade adulte, l’érradication est difficile et elle doit obligatoirement passer par 3 axes complémentaires :
  • Le cobaye concerné
  • Les autres animaux , cobayes et autres espèces
  • Le milieu extérieur


Les moyens de lutte sont limités. La plupart des insecticides utilisés chez les carnivores domestiques sous forme de sprays, poudres, lotions, préparations pour bains ou frictions sont dangereux, voire toxiques chez le cobaye. Leur utilisation est donc vivement déconseillée. Seuls certains insecticides présentés en spot-on, éventuellement complétés par un inhibiteur de croissance, sont utilisables en pratique et en toute sécurité. Il est dangereux de jouer aux apprentis sorciers!
Il est indispensable de traiter conjointement les autres animaux domestiques , ainsi que l’environnement

Chez l’homme

Les piqûres de puces du genre Ctenocephalides provoquent des lésions prurigineuses, papuleuses ou papulo-vésiculeuses, variables dans leur intensité selon les individus. Certains enfants développent un tableau clinique plus important, le prurigo strophulus. Il se traduit par du prurit, de l’érythème, des lésions vésiculeuses et bulleuses, et il correspond à une réaction d’hypersensibilité.

La phtiriose ou dermatose provoquée par les poux

La phtiriose est fréquente chez le cobaye.

Epidémiologie

La phtiriose du cobaye est due à des poux broyeurs de l’ordre des Mallophages, représentés par 3 espèces : Gliricola porcelli, Gyropus ovalis et beaucoup plus rarement Trimenopon hispidum.

Gliricola porcelli  Gyropus ovalis Trimenopon hispidum

Gliricola porcelli a un corps très allongé, Gyropus ovalis est ovalaire
Le cycle de développement de Gliricola porcelli est de 2 à 3 semaines.
Les poux sont des parasites permanents.

Les Mallophages se caractérisent par une tête large avec des mandibules en stylets, des yeux et des antennes très petits, un prothorax distinct. Ils se nourrissent de débris cutanés, parfois de sang. Le repas s’effectue sur l’hôte dès les premiers stades larvaires et le développement du parasite s’effectue aussi sur l’hôte.

Gliricola porcelli
et Gyropus ovalis appartiennent à la famille des Gyropodidae. Ils ont des antennes à 4 articles cachées dans des fossettes. Les tarses ont une griffe.

La contamination est directe et la pullicose est très contagieuse entre cobayes.
 
Par contre, les poux du cobaye ne sont pas transmissibles à l’homme.

NB : les poux piqueurs (ordre des Anoploures) ne se rencontrent pas chez le cobaye. Hématophages, ils se rencontrent par contre chez le rat (Polyplax spinulosa), la souris (Polyplax serrata), le chinchilla, l’écureuil de Corée.
Un examen attentif du pelage à la loupe permet d’observer de nombreux parasites mobiles de couleur claire gris-brunâtre à la surface de la peau, ainsi que des œufs (les lentes) fixés à la base des poils. Les zones les plus fréquemment atteintes sont la tête, le cou et le tronc.

Symptômes

   Le symptôme essentiel est un prurit marqué et persistant sur l’ensemble du corps, souvent accompagné d’une hyperesthésie de la peau au moindre contact. Les squames sont nombreuses, mais aucune lésion alopécique ou érythémateuse n’est généralement observée, sauf en cas d’infestation massive par les parasites.
   Un examen attentif du pelage à la loupe permet d’observer de nombreux parasites mobiles de couleur claire gris-brunâtre à la surface de la peau, ainsi que des œufs (les lentes) fixés à la base des poils. Les zones les plus fréquemment atteintes sont la tête, le cou et le tronc 
Dr Didier Boussarie    &     CobayesClub
Vétérinaire
Consultant NAC Exclusif

© Didier Boussarie -  CobayesClub


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