L'univers sensoriel du cobaye - Dr BOUSSARIE

L’univers sensoriel du cobaye

Le cobaye se caractérise par une richesse comportementale qui n’a pas son équivalent chez nos autres rongeurs de compagnie. L’observation des différentes postures et du répertoire sonore d’un cobaye lors d’une activité solitaire ou lors d’une inter-relation entre plusieurs individus d’un groupe permet de typer de nombreux comportements. Chacun de ces comportements est en fait la résultante d’informations perçues par l’intermédiaire d’un ou de plusieurs de ses sens. Nous parlerons dans un premier temps de l’univers sensoriel du cobaye.


LA VISION du cochon d'Inde: une mauvaise vue

L ’acuité visuelle

L’acuité visuelle du cobaye est globalement faible, mais supérieure à celle de la plupart des rongeurs de compagnie. La rétine étant strictement constituée de cellules appelées bâtonnets, la vision diurne (de jour) est très mauvaise, mais la vision nocturne correcte. Le cobaye supporte mal la lumière.

Bien que les yeux soient ouverts dès la naissance (et même avant), les nouveaux-nés ont une acuité visuelle et une vision à distance peu développées. Cependant, même si les informations visuelles sont faibles, elles sont suffisantes pour qu’un cobaye de 25 à 30 jours, placé sur un support transparent au dessus du vide, puisse apprécier l’importance de ce dernier. Ceci est mis en évidence par l’activité plus ou moins grande du cobaye, qui peut s’immobiliser si le vide lui semble important (c’est le cas lorsqu’il se trouve par exemple sur la table de consultation du vétérinaire). Néanmoins, le cobaye est moins gêné dans ses déplacements sur une telle surface que d’autres espèces où l’acuité visuelle est meilleure.

Par ailleurs, l’acuité visuelle est suffisante pour lui permettre de coordonner gestes et postures au cours des séquences de communication et de percevoir certains signaux comme la soumission d’un sujet stressé ou agressé.

La perception du mouvement

Le cobaye perçoit mal les mouvements, ce qui s’explique par la structure de sa rétine : elle ne possède pas de cellules dites en cônes, alors que ces dernières perçoivent mieux le mouvement que les cellules en bâtonnets.

La perception des couleurs

Elle est inexistante, il n’y a donc pas de vision chromatique. Le cobaye est en effet incapable de différencier les couleurs les unes des autres, mais il peut par contre percevoir des luminosités d’intensités différentes.

Conséquences pratiques :
  • Les cobayes albinos, dénués de pigmentation rétinienne, sont particulièrement sensibles au soleil et la lumière violente
  • Il est nécessaire de s’approcher d’un cobaye avec des mouvements calmes et progressifs, et d’éviter les mouvements brusques qui vont l’effrayer et déclencher la fuite.
  • Eviter d’allumer brusquement une lumière violente dans une pièce qui était plongée dans le noir
  • La nuit recouvrez la cage avec une serviette ou un tissu aéré
  • Si vous photographiez votre cobaye, évitez de lui projeter le flash dans les yeux.

L'AUDITION du cochon d'Inde : une ouïe très fine

Les structures auditives

L’oreille du cobaye a une structure très élaborée. La partie auditive de l’oreille interne ou cochlée, se présente sous l’aspect d’un tube osseux de 18 mm comportant 4 tours de spires (en comparaison, sa longueur est de 35 mm pour 2 tours trois quart de spires chez l’être humain).
Le saccule, organe vestibulaire d’équilibration, a aussi semble-t-il un rôle de récepteur acoustique.

L’acuité auditive

Le cobaye a fait l’objet dans ce domaine de nombreuses recherches depuis la fin du XIX siècle, en utilisant différents types de réponses pour mesurer l’acuité auditive.
Le cobaye répond par un réflexe d’immobilisation a des sons de fréquences très variables, avec un maximum de sensibilité entre 500 et 8000 Hertz. La limite supérieure se situe entre 40 000 et 50 000 Hertz (contre 20 000 Hertz chez l’homme). Par contre, l’homme est plus sensible en basses fréquences, en raison de la longueur plus importante de son tube cochléaire. Pour des fréquences inférieures à 200 Hertz, il n’y a pas de localisation de ces bruits, même s’ils sont perçus par le cobaye.
Les cobayes albinos sont plus sensibles aux bruits que les cobayes à œil pigmenté.

Conséquences pratiques:
  • Les cris, la musique à hauts décibels, les bruits secs ou soudains, les claquements de porte sont des facteurs de stress, ils provoquent la peur et la fuite.
  • Les cobayes sont capables de mémoriser un pas humain ou une voix humaine et de les reconnaître.
L’OLFACTION du cochon d'Inde: un odorat très développé
Elle joue un rôle important dans la perception d’informations extérieures. Le rhinencéphale, qui représente la partie cérébrale de l’olfaction, est très développé. Il en est de même de la région olfactive, constituée par les replis de l’ethmoïde situés à l’intérieur des fosses nasales, et par la muqueuse nasale.
Le cobaye possède aussi un organe de Jacobson, comme les autres mammifères. Cet élément situé dans le plancher des fosses nasales est un organe olfactif accessoire qui permet au cobaye de percevoir les odeurs dissoutes et les stimuli olfactifs issus des aliments contenus dans la cavité buccale.
La sensibilité olfactive du cobaye se situe entre celle de l’homme et du chien. Elle se caractérise par des seuils d’excitation très bas permettant de percevoir à grande distance des odeurs très diffuses.

Conséquences pratiques:
  • L’excellent odorat du cobaye joue un rôle important dans l’exploration de l’environnement et dans le comportement social.
  • La muqueuse nasale peut être facilement irritée par des poussières, un air trop sec, les produits ménagers, les parfums
  • Le cobaye perçoit le fait que l’on vient de caresser un chien ou un chat étranger, il peut en résulter des mouvements de défense
  • Deux cobayes d’origine différente apprennent à se connaître à l’odorat en se reniflant.

LE GOUT du cochon d'Inde: un bec sucré à petite dose



La sensibilité gustative est rendue possible par les bourgeons gustatifs qui sont surtout concentrés au niveau des papilles linguales, mais aussi du pharynx. La gustation, quoique moins importante que l’olfaction sur le plan sensoriel, est utilisée par le cobaye comme moyen d’investigation de l’environnement face à un objet nouveau ou à un animal inconnu.
La gustation permet aussi d’exercer un contrôle gustatif de la nourriture ingérée. Il existe chez le cobaye des récepteurs de sensations sucrées, totalement différenciés des autres récepteurs de sensations aqueuses, acides ou salées. Le cobaye apprécie les solutions faiblement sucrées, mais il rejette les solutions à forte teneur en sucre.
Conséquences pratiques:
  • On peut inciter un cobaye à boire d’avantage en sucrant légèrement son eau de boisson avec quelques gouttes de sirop (de grenadine par exemple, ou d’ananas).
  • Certains médicaments (tels les tétracyclines ou le métronidazole) sont amers et le cobaye refusera de boire l’eau dans laquelle ils ont été mis. Il sera utile voire nécessaire de sucrer l’eau , ou d’administrer directement ses médicaments avec une seringue.

LE SENS TACTILE chez le cochon d'Inde : un outil de communication efficace

Les poils constituent en eux-mêmes des organes tactiles d’une bonne sensibilité, en raison de la richesse de leur innervation. De ce fait, les signaux tactiles servent de support à certains comportements comme les flairages de reconnaissance.
Les vibrisses, grâce à une structure nerveuse très développée, sont responsables de perceptions tactiles plus fines. Elles sont aussi sensibles aux simples déplacements de l’air.
Conséquences pratiques:
  • Les cobayes répondent à des attaques de congénères ou d’intrus par des évitements efficaces. Les informations proviennent de légers mouvements des vibrisses à la suite du déplacement de l’autre animal.
  • Les cobayes aiment se blottir les uns contre les autres.
  • Les cobayes aiment être caressés de la racine du nez jusqu’au front. Les caresses ont sur eux un effet apaisant.

Ce tour d’horizon de l’univers sensoriel montre l’importance des sens dans les moyens de communications entre cobayes. Les signaux auditifs, olfactifs et visuels sont les principaux stimuli dans le déclenchement de nombreux comportements : Lire les comportements du cobaye





Dr Didier Boussarie
Vétérinaire
Consultant NAC Exclusif

© Didier Boussarie -  CobayesClub
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