A propos de la vitamine C - Dr Boussarie

A propos de la vitamine C

(NB : ces données sont valables pour toutes les espèces animales. Les spécificités propres au cobaye sont mentionnées)

Un peu d’histoire…

La vitamine C a été isolée en 1928 (Szent-Györgyi) puis identifiée en 1932 par Waugh et King à partir du citron. La dénomination d’acide ascorbique (on parlait au départ d’acide hexuronique) fut proposée par Szent-Györgyi. La formule développée fut établie par Haworth en 1933 et la synthèse réalisée la même année par Reichstein.

Un peu de chimie…

La vitamine C est l’acide L-ascorbique. (L signifie lévogyre, alors que la forme dextrogyre est inactive).
La formule chimique est C6H8O6. Elle présente à ce titre une étroite parenté avec les sucres en C8.
Le groupe fonctionnel important est le groupe diénol qui peut, par oxydation, se transformer en deux fonctions cétone. Cette réaction est réversible.

Un peu de physique-chimie…

La vitamine C est une substance cristallisée, incolore ou légèrement jaunâtre (ce qui n’est pas un signe de péremption), de saveur acide. Son goût est très apprécié des cobayes.

Solubilité :
  • elle est facilement soluble dans l’eau (1 / 3) avec une réaction faiblement acide.
  • elle est par contre peu soluble dans l’alcool (1 / 30) et insoluble dans le benzène, le chloroforme, l’éther et les huiles ou autres corps gras

Stabilité :
  • elle est stable à l’abri de la lumière, mais rapidement instable si elle est exposée à la lumière. Elle résiste à la chaleur en solution acide ou neutre, à l’abri de l’oxygène.
  • elle est décomposée par l’air ambiant, à chaud et à froid, particulièrement en solution alcaline, avec une coloration brune (qui n’est donc pas normale, car indice de décomposition).
  • au cours de la cuisson : la majeure partie des pertes d’acide ascorbique (25 à 60 %) est due , non pas à la cuisson, mais à l’extraction de la vitamine C par l’eau de cuisson qui est rejetée.
  • elle est très sensible aux oxydants et aux catalyseurs d’oxydation, comme le cuivre et le fer.
  • elle prend une coloration rouge-brune avec les sels d’uranyle
  • dans les tissus de l’organisme, un équilibre s’établit entre l’acide L-ascorbique et son produit d’oxydation réversible : l’acide déhydroascorbique
Pour les mordus de physique :
  • P.F. 192 °
  • Pouvoir rotatoire (α) 20 °/D = 23 ° (en solution aqueuse)
  • Maximum d’absorption dans l’U.V. : λ = 265 mµ (en solution aqueuse)

Où trouve-t-on de la Vitamine C ?

Pour 100 g de…teneur en Vit C / 100g
FRUITS :
Agrumes (oranges, citrons, pamplemousse)40-100 mg
kiwi100-160 mg
BAIES :
cassis90-160 mg
mûres, framboises, fraises, groseille à grappe12-100 mg
LEGUMES :
Paprika150-200 mg
Choux, cresson 15-150 mg
Tomates vertes, topinambours20 mg
Epinards, raifort, graines de soja, asperges20 – 80 mg
Persil100- 185 mg
Pommes de terre 5-36 mg
VISCERES :
Surrénales110 mg
FOIE :
Veau20-70 mg
Boeuf, mouton, porc30-60 mg
Reins11-18 mg
Muscles1,5-8 mg
LAIT :
Femme4,9-11 mg
Vache (cru, moyenne)1,65 mg

Conclusion : Les aliments pour cobayes les plus riches en vitamine C sont par ordre décroissant le persil, le cassis, les agrumes, le kiwi , le chou, le cresson, les épinards, le raifort

Un peu de métabolisme…

Synthèse de la vitamine C
Les amphibiens, les reptiles, les oiseaux primitifs synthétisent la vitamine C par le rein. Les Passériformes évolués la synthétisent par le rein, et en partie par le foie. Les autres Passériformes et les mammifères la synthétisent par le foie, grâce à une enzyme d’origine hépatique : la L-gluconolactone.(Chaudhuri, Chatterjee, 1969).
Cependant certains animaux font exception en raison d’un déficit en L-gluconolactone, ils ne peuvent de ce fait synthétiser la vitamine C et sont tributaires des apports exogènes alimentaires.
Ces animaux sont:
  • le cobaye, seul rongeur jusqu’à nouvel ordre à présenter cette particularité. Il est de ce fait parfaitement inutile de supplémenter le chinchilla, l’octodon ou d’autres rongeurs. Par contre, la vitamine C sera toujours utile chez les rongeurs pour renforcer les défenses de l’organisme en cas de maladies infectieuses ou de convalescence
  • les roussettes frugivores du sous-continent indien (Pteropus giganteus, Pteropus medius, Rousettus leschenaulti, Cynopterus sphinx ).
  • l’homme. Les possibilités de synthèse du nourrisson sont très réduites.
  • les primates supérieurs (Pongidae, Hylobatidae, Cercopithecidae, Atelidae, Cebidae). Par contre, les tupaies, les Lorisidés (Nycticebus coucang) et les primates prosimiens (Daubentoniidae, Indriidae, Lepilemuridae, Cheirogalidae, Lemuridae, Galagidae, Lorisidae, Tarsiidae) synthétisent la vitamine C et ils n’ont pas besoin de ce fait d’une source exogène (Yess, Hegsted, 1966)
  • certains oiseaux frugivores dont le bulbul orphée (Pycnonotus jocosus) ; le bulbul à ventre rouge (Pycnonotus cafer)
  • les poissons, les insectes (Chatterjee, 1973)
Absorption de la vitamine C
Elle se fait par l’intestin grêle. Certaines souches d’Escherichia coli et de salmonelles (Salmonella paratyphi) semblent capables de détruire la vitamine C dans l’intestin.
Un transit digestif anormalement rapide entrave l’absorption de la vitamine C.
Conséquence : La vitamine C sera peu ou pas efficace en cas de diarrhée non résolue chez le cobaye.


Répartition dans l’organisme
Certains organes sont particulièrement riches en vitamine C : les corticosurrénales, les cellules intersticielles des testicules, les cellules acidophiles du lobe antérieur de l’hypophyse, les parois des petits vaisseaux sanguins.
Le foie stocke les réserves de vitamine C (sous une forme spéciale), ainsi que les muscles.
Les réserves tissulaires du cobaye (foie et muscles) sont très faibles, et le turn over est très rapide. Les signes d’hypovitaminose C apparaissent de ce fait rapidement (quelques jours) en cas de carence d’apport chez cette espèce.


Excrétion
Elle se fait essentiellement par le rein et son intensité dépend de l’état de charge de l’organisme.


Charge de l’organisme
Après administration de vitamine C, les divers organes et tissus se chargent en acide ascorbique, jusqu’à saturation (le taux de saturation est variable selon les organes). Le surplus est éliminé, détruit ou partiellement mis en réservé dans le foie
Conséquence : Il n’existe pas d’hypervitaminose C chez le cobaye ou les autres espèces animales, alors que le problème existe pour d’autres vitamines (notamment la vitamine A chez les tortues terrestres et la vitamine D3 chez le lapin).





Interrelations métaboliques

 La vitamine C exerce une influence plus ou moins importante sur la plupart des métabolismes.
    Avec le glucose : un animal privé de vitamine C est incapable d’utiliser le glucose.
    Avec les acides aminés : la vitamine C influe sur le métabolisme de certains acides aminés tel que la tyrosine.
    Avec les hormones : elle est nécessaire à la synthèse des hormones cortico-surrénaliennes.
    Avec le fer : la vitamine C est nécessaire à l’assimilation du fer dans la partie supérieure de l’intestin.
    Avec les autres vitamines :
    • la vitamine C exerce un effet vicariant dans les carences en vitamine B1 (thiamine), en vitamine B5 (acide panthoténique), en acide folique, en vitamine H (biotine), en vitamine E (tocophérol)
    • il y a par contre peu d’effet vicariant dans la carence en vitamine B2 (riboflavine) et très peu dans la carence en rétinol (précurseur de la vitamine A)
    • à l’état physiologique, la vitamine C protège de l’oxydation toutes les vitamines contenant de fragiles doubles liaisons : rétinol, tocophérol, calciférol, stigmastérol, vitamine K (à vérifier)
    • NB chez l’homme certaines vitamines remplacent plus ou moins complètement l’acide ascorbique dans la prévention du scorbut. Ce sont l’acide para-amino-benzoique, la biotine, la thiamine. Par contre, la vitamine B5 parait inapte à protéger du scorbut, alors que l’acide ascorbique s’oppose à la plupart des signes de carence en vitamine B5.



>> Application au cobaye : Carences et Doses.
Dr Didier Boussarie
Vétérinaire
Consultant NAC Exclusif

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